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Crue exceptionnelle du Lot en décembre 2003


Article publié le 8 mars 2004
par GEODE

Commanditée par la DDE de l’Aveyron, le bureau d’étude GEOSPHAIR, spacialisé dans la cartographie des risques naturels, et collaborateur habituel de l’université de Toulouse - Mirail, a procédé à l’analyse de cet évènement.

ENVIRONNEMENT ET RISQUES NATURELS

CARTOGRAPHIE DES ZONES INONDEES CRUE DES 4 ET 5 DECEMBRE 2003 VALLEE DU LOT ET DU RIOU MORT

Rapport

Février 2004

SOMMAIRE pages Introduction 3

I. Présentation géographique et hydrologique.

II. Etude et cartographie de l’inondation des 4 et 5 décembre 2003.

III. Origine et déroulement de la crue des 4 et 5 décembre 2003. 8

IV. Boisse-Penchot, Bouillac, Decazeville, Flagnac, Grand-Vabre, Livinhac

le Haut, Saint-Parthem et Viviez : 21

-  Fiche d’information (traits ou laisses de crue).

-  Cartes des zones inondées par la crue du 5 décembre 2003.

GÉOSystèmes et Photo-analyses Appliqués aux Inondations et aux Risques naturels

GÉOSystèmes et Photo-analyses Appliqués aux Inondations et aux Risques naturels

INTRODUCTION

La DDE de l’Aveyron souhaite disposer d’éléments sur la crue des 4 et 5 décembre 2003 qui a provoqué des dégâts dans la vallée du Lot et du Riou Mort.

Cette étude a pour objectif d’analyser la crue dans sa genèse et sa dynamique, recueillir des photographies de la crue, constituer des fiches de crue et cartographier la zone inondée en décembre 2003, à l’échelle 1/5.000ème sur un fond cadastral. Cette étude concerne les secteurs à enjeux dans les communes suivantes : Boisse-Penchot, Bouillac, Decazeville, Flagnac, Grand-Vabre, Livinhac-le-Haut, Saint-Parthem et Viviez.

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I - PRESENTATION GEOGRAPHIQUE ET HYDROLOGIQUE

1.1. PRESENTATION GEOGRAPHIQUE DU BASSIN-VERSANT DU LOT.

Le PPR inondation du Lot aval et de ses affluents porte sur un territoire où confluent trois rivières dans l’ouest du département de l’Aveyron : le Lot, le Dourdou et le Riou Mort.

Ces trois bassins versants ont des caractères géographiques et hydroclimatologiques différents qu’il nous faut éclaircir rapidement pour saisir la complexité de la dynamique des crues.

La superficie du bassin du Lot est de 6 718 km² à la Roque Bouillac. Le Lot naît au pied du Mont Lozère à 1720 m d’altitude. Le point culminant du bassin atteint 1858 m au Plomb du Cantal. Le Lot se dirigeant globalement Est-Ouest, son bassin a une forme allongée avec une longueur qui est cinq fois supérieure à sa largeur.

Le bassin versant du Lot à la Roque Bouillac couvre une superficie de 6 718 km². Il se situe au Nord-Est du Bassin Aquitain et en bordure Sud du Massif Central. Le bassin versant du Lot se situe à l’Est de la montagne cristalline, morceau du Massif Central. La diversité géomorphologique, qui est notamment fonction de la nature géologique des terrains, donne lieu àplusieurs unités géographiques : les monts d’Aubrac, les monts du Cantal, le Gévaudan, les monts de la Margeride. L’altitude dépasse 1000 m un peu partout et les pentes sont souvent supérieures à 30 %. A partir de Mende, le Lot traverse une région de causses (Sauveterre, Sévérac) qui constituent la partie centrale du bassin. Formés de terrains d’âge jurassique et crétacé, ces causses constituent des massifs calcaires dolomitiques (système karstique des causses). A son entrée en région Midi-Pyrénées, et jusqu’à Entraygues, le Lot traverse systématiquement en gorges les différents affleurements de roches sédimentaires, tout d’abord les argilites du Permien puis les calcaires marneux du Jurassique. Dans se secteur, la pente de la vallée est forte et sa plaine inondable peu développée. La seule exception se trouve dans le secteur entre Saint-Geniez-d’Olt et Sainte-Eulalie-d’Olt où l’élargissement de la plaine inondable coïncide avec l’affleurement d’un micaschiste à Muscovite, permettant de penser que celui-ci est moins résistant à l’érosion fluviale que le micaschiste à deux micas qui l’entoure. Dans le secteur Saint-Laurent-d’Olt à Entraygues, le bassin-versant du Lot est dissymétrique. Sur ce tronçon, le Lot ne reçoit aucun affluent notable en rive gauche dans la traversé des causses (Sauveterre, Sévérac). Par contre, il reçoit plusieurs affluents sur la rive droite qui drainent les monts d’Aubrac. A Entraygues, le Lot reçoit en rive droite son principal affluent, la Truyère. Entre la confluence de la Truyère et le Port d’Agrès, le Lot draine des granites et des schistes. Ces roches qui sont résistantes à l’érosion fluviatile font que le Lot coule en gorge. Avec 0,1 %, la pente du Lot y est supérieure à la moyenne, et les zones inondables y sont peu développées. Entre le Port d’Agrès et Capdenac, le Lot traverse une structure géologique complexe (roches granitiques et schisteuses) avec une pente de 0,08 %. Ce secteur de vallée est caractérisé par plusieurs rétrécissements et élargissements de la plaine inondable.

Le bassin versant du Dourdou a une superficie de 490 km² à l’amont de sa confluence avec le Lot. Il draine successivement d’amont vers l’aval les terrains calcairo-marneux du Jurassique, les argilites du Permien et les schistes.

Le bassin versant du Riou-Mort dispose d’une superficie de 153 km² à l’amont de sa confluence avec le Lot. Le Riou-Mort et ses affluents drainent essentiellement le bassin houiller de Decazeville. Ce bassin est constitué de terrains sédimentaires (dépôts houillers de carbonifère), de roches métamorphiques (gneiss et schistes) et de roches magmatiques (granites et serpentine).

1.2 Origines météorologiques des crues du Lot :

Le bassin du Lot est climatologiquement et pluviométriquement hétérogène ; et le régime de la rivière, dans son cours moyen et inférieur, est pluvio-nival. En fait, sur un cours d’eau aussi long, et dont le bassin-versant présente de si grandes différences d’altitude et de situation territoriale, il n’est pas surprenant que le régime soit complexe et qu’il soit évolutif d’amont en aval, au fur et à mesure que s’additionnent les caractéristiques des affluents. Il en va de même pour les crues, dont l’origine n’est pas unique. Mais pour autant, complexité ne signifie pas confusion, et, de par leur origine météorologique, il est possible de regrouper ces phénomènes en deux grandes familles. Pour chacune d’elles, nous allons constater que l’éloignement progressif du Massif Central vis-à-vis ne doit en aucun cas amener à sous-estimer le rôle des massifs montagneux dans la naissance et le déroulement des crues.

1.2.1. Les crues générées par des averses liées aux perturbations atlantiques classiques surviennent essentiellement de décembre à mars-avril. En hiver, l’anticyclone des Açores se positionne en effet à de basses latitudes, et laisse sur l’Europe occidentale le champ libre aux déformations du « front polaire » et aux perturbations qui lui sont associées, lesquelles abordent le continent sud-européen selon une trajectoire ouest-est (avec variantes voisines de cet axe). Dans ces cas, les pluies répétitives affectent pendant 2 à 4 jours la quasi-totalité du grand Sud-Ouest, du Pays basque au Ségala ou des Charentes à l’Albigeois, et ce, sous des intensités de 15 à 70 mm / jour, pour donner un ordre de grandeur. Bien sûr, existent des paroxysmes pluvieux dans le temps et dans l’espace ; et inversement, des rémissions et des secteurs moins concernés. Cela s’est vérifié en décembre 1906, décembre 1923, mars 1927, février 1952, février 1961, février 1978 et décembre 1981... Dans le détail, il faut cependant considérer que la trajectoire de ce type de perturbation concerne surtout la partie ouest du Massif Central, et qu’il est classique d’assister à l’épuisement des averses sur les territoires les plus orientaux (hauts bassins versants du Tarn et du Lot), au fur et à mesure que sont franchies les massifs ou barrières orographiques successives (Ségala, Monts de Lacaune, Lévezou, Aubrac, Causses, Monts Lozère...) Il faut préciser aussi que bien souvent les précipitations tombées en altitude le sont sous forme de neige et non de pluie, étant donnée la saison. Ce sont donc les parties médianes des basins versants du Tarn et du Lot, exposées orographiquement à l’Ouest, qui fournissent le gros des bataillons de débit.

1.2.2. Le mauvais temps orageux de Sud-Est génère les crues dites méditerranéennes : nous retrouvons alors sur la scène météorologique les acteurs indispensables à l’émergence d’averses de type cévenol ou languedocien : anticyclone sur l’Europe centrale avec isobares méridiennes, dépression sur le golfe de Gascogne que contournent par le sud les fronts perturbés venus de l’Atlantique-nord. Sur la Méditerranée, se constitue un mélange détonant fait d’air chaud et sec saharien pulsé sur le bord occidental de l’anticyclone, et de celui des perturbations, frais et rechargé en humidité, puisqu’il arrive de l’Atlantique nord et qu’il vient de traverser la Méditerranée, après avoir contourné le centre dépressionnaire par le Sud. A la rencontre des reliefs languedociens, ces nuées électrisées déversent des déluges (100 à 400 mm en 24 h), qui ne se limitent pas systématiquement au rebord du Massif Central, aux Corbières ou aux Pyrénées-Orientales. La puissance du flux de Sud-Est, traduite au sol par les vents Marin et Autan noir, provoque de temps en temps l’arrivée de ces pluies jusqu’en territoire atlantique, sur les haut bassins-versants du Lot et du Tarn. On parle alors « d’averse méditerranéenne extensive », pour reprendre l’expression de Maurice Pardé. C’est en cela que la moyenne vallée du Lot est concernée. Certes, le Lot est une rivière océanique, mais son amont bassin s’étale sur des massifs directement exposés à l’extension territoriale des pluies cévenoles dont nous avons fait état. Celles-ci engendrent des crues rapides et puissantes, pouvant se répercuter très loin en aval, jusqu’en des régions où il n’est pas tombé une goutte de pluie ; ce fut bel et bien le cas de la crue des 4 et 5 décembre 2003, réplique atténuée de ce qui s’était passé en mars 1930, événement qui fait référence en la matière.

II - ETUDE ET CARTOGRAPHIE DE L’INONDATION DES 4 ET 5 DECEMBRE 2003 :

Nous avons cartographié les secteurs à en jeux inondés par la crue des 4 et 5 décembre 2003 sur les communes de Boisse-Penchot, Bouillac, Decazeville, Flagnac, Grand-Vabre, Livinhac le Haut, Saint-Parthem et Viviez.

2.1 Analyse et description des conditions de genèse et d’évolution de l’événement météo-hydrologique du 4 au 5 décembre 2003.

 Analyse météorologique de l’événement du 3 au 5 décembre 2003 :

-  Situation générale et évolution.
-  Alertes de Météo France.
-  Pluviométrie dans le bassin du Lot.
-  Secteurs paroxysmiques générateurs des crues.
-  Comparaison avec des événements passés et périodes de retour des pluies.

2.2 Etude et cartographie de l’inondation des 4 et 5 décembre 2003. Nous avons investi cette approche sous plusieurs angles et à partir de plusieurs outils méthodologiques :  Missions de terrain et enquête auprès des élus et des habitants ;  Analyse des photos ;  Recensement et localisation des traits et repères de la crue de décembre 2003 ;  Elaboration de fiches de crues avec des photographies ;  Relevé détaillé de la limite de la crue, à pied, tout le long du Lot sur la rive droite et sur la rive gauche ;  Enquête de terrain détaillé qui a permis de cartographier l’extension de la crue de décembre 2003 ;  Cartographie de la zone inondée au maximum de la crue de décembre 2003 ;  Analyse de phénomènes particuliers ou aggravants (confluences, embâcles, anthropisation des lits majeurs, importance des dégâts, augmentation contemporaine des enjeux le long du Lot).  Comparaison avec des événements passés et estimation de la période de retour de la crue. III. ORIGINE ET DÉROULEMENT DE LA CRUE DES 4 ET 5 DECEMBRE SUR LE SECTEUR D’ETUDE. Dès le dimanche 30 novembre 2003, le département de l’Aveyron a subi un épisode pluvieux cévenol, provoquant une crue en amont du bassin du Lot. Avant d’en venir au déroulement de la crue, il convient d’en examiner les conditions météorologiques, et de les comparer à des événements passés, restés mémorables.

3.1. LES CONDITIONS METEOROLOGIQUES DE LA CRUE DES 4 ET 5 DECEMBRE 2003 PAR METO FRANCE.

1°) SITUATION GENERALE Le dimanche 30 novembre, des précipitations se produisent sur les régions méditerranéennes et s’intensifient les jours suivants avec une franche orientation du flux de Sud ou Sud-Est. Mercredi 3 décembre, les vents de Sud tournent progressivement à l’Est et les pluies se décalent vers le Languedoc-Roussillon puis la région Midi-Pyrénées. En termes de précipitations, le département de l’Aveyron est affecté dès le 30 novembre par des précipitations régulières qui vont s’intensifier pour atteindre leur maximum le mercredi 3 décembre.

2°) HAUTEUR DE PRECIPITATIONS Cumuls en mm sur l’Aveyron :

03-déc 02-déc 01-déc 30-nov La Cavalerie 75,6 24,4 24 13 Decazeville 51,2 7,8 17,4 21,2 Huparlac 48,8 16,6 25,4 37,8 Rodez 53 12,6 16,2 18,8 Millau 65,4 22,8 17,8 13,8 Espalion 31,5 St-Côme 57,6 19 21,8 Belcastel 56 14,4 18 13,8 Villefranche-de-Rouergue 43,2 5,4 16,6 15,2 Belmont / Rance 77 18 15 6 Brommat 39,4 19,2 25,6 40,6 Requista 67 13 11 13 Montbazens 50 15 15 16 Laguiole 56 20 31 44 Villecomtal 50 22 20 29 Lanuejouls 41 11 14 21

Précipitations disponibles le 15/12/2003

Les pluies sont régulières et déjà soutenues les 30 novembre, 1er et 2 décembre avec des cumuls quotidiens souvent voisins de 15 à 20 mm par jour. A titre de comparaison, il tombe en moyenne 64,6 mm de précipitations en novembre sur la station de Millau. Elles deviennent encore plus importantes le 3 décembre avec des cumuls qui dépasse 50 mm à l’exception de l’ouest (Villefranche-de-Rouergue) et du nord-ouest (Brommat) du département. Sur les 4 jours cumulés, les valeurs de pluie dépassent 100 mm pour tous les postes à l’exception de Villefranche. Sur la Lozère, en amont des cours d’eau qui traversent l’Aveyron, les cumuls de précipitations observés entre le 1er et le 3 décembre sont encore plus importants avec 282 mm et 200 mm sur les postes respectifs du Bleymard et de Bagnols.

3 / DUREES DE RETOUR Dans le tableau ci-dessous, on reporte pour un poste et une période donnée (1,2,3 ou 4 jours) :
-  le plus fort cumul de précipitations en mm observé sur la période entre le 30/11 et le 03/12
-  la durée de retour correspondante.

1 jour 2 jours 3 jours 4 jours La Cavalerie 75,6 100 118 127 < 10 ans < 10 ans < 10 ans < 10 ans Decazeville 51,2 59 74 94 < 10 < 10 ans < 10 ans voisin 10 (101) Huparlac 48,8 65,4 88 121 < 10 < 10 ans < 10 ans Voisin de 10 ans (125) Rodez 53 65,6 81,8 100,6 < 10 ans < 10 ans < 10 ans 10 ans Millau 65,4 88,2 106 119,8 < 10 ans Voisin de 10 ans (93) Voisin de 10 ans (102) > 10 ans Espalion 57,6 76,6 98,4 129,9 < 10 ans < 10 ans voisin de 10 ans (106) > 10 ans Belcastel 56 70,4 88,4 102,2 Voisin de 10 ans (61) < 10 ans < 10 ans 10 ans Villefranche 43,2 48,6 65,2 80,4 < 10 ans < 10 ans < 10 ans < 10 ans Belmont / Rance 77 95 110 116 10 ans Voisin de 10 ans (99) voisin de 10 ans (115) voisin de 10 ans (122) Brommat 39,4 58,6 84,2 124,8 < 10 ans < 10 ans < 10 ans 10 ans Requista 67 80 91 104 10 ans Voisin de 10 ans (86) voisin de 10 ans (100) voisin de 10 ans (110)

On constate que sur les quatre jours, tous les postes (à part Villefranche-de-Rouergue et La Cavalerie) ont au moins un cumul dont la durée de retour est voisine de 10 ans ou supérieure ou égal à 10 années. Sur la Lozère, en amont du Lot, les durées de retour dépassent largement les valeurs décennales :

Poste Lundi 1/12 Mardi 2/12 Mercredi 3/12 Cumul sur trois jours Durée de retour estimée des cumuls sur trois jours

LE BLEYMARD 127 63 91 282 50 ans

BAGNOLS 74 52 74 200 50 ans

BRENOUX 85 27 57 169 100 ans

1 jour 2 jours 3 jours 4 jours Montbazens 50 65 80 96 10 ans Voisin de 10 ans 10 ans 10 ans Laguiole 56 76 107 151 < 10 ans < 10 ans Voisin de 10 ans 10 ans Villecomtal 50 72 92 121 < 10 ans < 10 ans Voisin de 10 ans 10 ans Lanuejouls 41 52 66 87 < 10 ans < 10 ans < 10 ans Non-Calculée

On constate que sur les quatre jours, à part Lanuejouls, tous les postes ont au moins un cumul dont la durée de retour est voisine de 10 ans ou supérieure ou égal à 10 années.

4°) AVIS DE L’EXPERT METEOROLOGIQUE DE METO FRANCE

On peut donc considérer que du 30 novembre 2003 au 03 décembre 2003 le département de l’Aveyron a été soumis à des cumuls pluviométriques qui dans l’ensemble sont exceptionnels et de durées de retour égales où supérieures à 10 ans, exceptés pour la zone de la Cavalerie et la zone de Villefranche-de-Rouergue.

A noter que ces précipitations surviennent après une période (depuis le 21 novembre) déjà très pluvieuse et sont donc tombées sur des sols saturés en eau ce qui augmente nettement les phénomènes de ruissellement.

Carte sur 3 et 4 jours des cumuls pluviométriques, correspondance poste/cours d’eau

3.2 PRESENTATION HYDROLOGIQUE DE L’EVENEMENT

Ce secteur de vallée du Lot fut submergé par les grandes crues de mars 1783, novembre 1868, 13 septembre 1875, février 1904, 9 mars 1927, septembre 1866, octobre 1920, (mars 1930 ?), décembre 1944, 1888, 2 décembre 1976, 15 décembre 1981 et 3 décembre 2003... qui noyèrent tout ou partie de la plaine. Pour apprécier l’événement des 4 et 5 décembre 2003 en termes hydrologiques, nous bénéficions des données hydrométriques du service d’annonce de crue de la DDE du Lot, aux différentes stations dans le bassin. Ce paragraphe vise à commenter les données aux stations de référence retenues et leur période de retour pour en analyser l’impact.

REPARTITION SPATIALE DE LA PLUIE

Un épisode pluvio-orageux s’est installé sur le bassin du Lot à partir du 30 novembre. Les pluies faibles durant la journée du 30, se sont intensifiées dans la nuit du 30 au 1er pour devenir fortes et orageuses durant cette dernière ( de 30 à 60 mm d’eau ). Une accalmie s’est installée durant la journée du 2 décembre, puis l’épisode pluvio-orageux a repris durant la nuit du 2 au 3 pour s’intensifier durant la journée du 3 (donnant une lame d’eau supérieure à 60 mm). Les pluies ont été modérées durant la journée du 4, pour disparaître le 5 décembre.

-  Pluviométrie dans le bassin du Lot en mm :

Stations le 30/11 le 1/12 le 2 / 12 le 3 / 12 le 4 / 12 Total CAPDENAC 23,6 23,5 8,3 57,4 0,1 112,9 SAINT CYPRIEN 23,4 29,00 10,2 60,6 0 123,2 ENTRAYGUES 21,7 36,6 11,6 60,00 18,6 148,5 LA BOULDOIRE 16,2 38,9 13,1 63,5 0 131,7 SAINT CHELY 19,5 18,5 7,7 10,1 1,7 57,7 ESPALION 19,1 38,00 11,6 62,3 0,1 131,1 SAINT LAURENT 4,6 22,1 3,00 37,4 0,4 67,5 MENDE 11,1 58,8 22,5 68,1 3,6 164,1 BAGNOLS les BAINS 6,1 60,1 31,00 78,1 9,4 184,7

-  Les hauteurs d’eau aux différentes stations (en mètres)

LOT

stations préalerte alerte maximun fin alerte fin préalerte CAPDENAC 1/12 à 16h 1/12 à 17h 4/12 à 6h 6,35 6/12 à 11h 6/12 à 13h ENTRAYGUES 2/12 à 14h 2/12 à 14h 4/12 à 3h 6,82 6/12 à 11h 6/12 à 13h ESPALION 2/12 à 12h 2/12/ à 15h 4/12 à 0h 6,26 6/12 à 18h 6/12 à 18h30 SAINT LAURENT 1/12 à 14h 1/12 à 16h 3/12 à 21h 6,70 6/12 à 11h 6/12 à 18h MENDE 1/12 à 15h 1/12 à 16h30 3/12 à 19h 3,80 5/12 à 9h30 6/12 à 8h

Les temps de retour peuvent être estimés comme suit :

Rivière Lot

stations Temps de retour CAHORS 15 à 20 ans CAPDENAC 15 à 20 ans ENTRAYGUES 50 ans ESPALION 100 ans SAINT LAURENT 100 ans MENDE 50 ans

Sur le Lot amont, le débit de la rivière était déjà soutenu à la veille de l’évènement, du fait de sols gorgés d’eau, suite à une première petite crue sur les stations de MENDE et SAINT LAURENT une dizaine de jours auparavant (2,27 m à MENDE le 24/11/03 à 8h, et 2,90 m à SAINT-LAURENT le 24/11/03 à 16h )

La crue sur le département de la Lozère a atteint une cote à peu près identique à celle de novembre 1994 : on note seulement 15cm de moins à la station de MENDE. La montée a été lente, de l’ordre de 0,15 m / h pour atteindre le maximum le 3/12 à 19h.

Dans le département de l’Aveyron, la crue a été plus forte que celle de novembre 1994, de plus de 50cm à chaque station. Il s’agit pour ESPALION de la plus forte crue connue, tandis que pour ENTRAYGUES, elle peut être qualifiée d’identique à celle de décembre 1981. Pour les stations de CAHORS et de CAPDENAC, cet événement est comparable à celui de 1944. L’averse méditerranéenne en amont-bassin du Lot est le déclencheur de la crue du 4 et 5 décembre 2003. Elle a présenté des caractères forts de régularité, d’intensité et d’extension spatiale. L’originalité vient de la géographie des pluies et particulièrement des fortes pluies touchant le secteur amont du bassin versant, l’épicentre étant localisé sur le bassin supérieur du Lot. La fiabilité de ces estimations de périodes de retour est très variable et dépend de nombreux facteurs. Néanmoins, la plupart des valeurs affichées donnent une idée de l’importance de l’événement, mais surtout permettent une première approche dynamique de la crue. On s’aperçoit que la crue, importante dans le haut bassin, se développe en puissance entre Saint- Laurent et Espalion. A Entraygues, elle devient moins importante, car les barrages ont absorbé environ 90 % de la crue de la Truyère et ils n’ont restitué qu’un débit qui se situait entre 130 et 180 m3/s.

2.4. L’analyse de la crue dans la vallée du Lot aval : Nous avons cartographié l’extension de la crue des 4 et 5 décembre 2003 du Lot, le Riou-Mort et le Dourdou. Il s’est agi d’identifier les secteurs à enjeux dans les communes de : Boisse-Penchot, Bouillac, Decazeville, Flagnac, Grand-Vabre, Livinhac-le-Haut, Saint-Parthem et Viviez. L’enquête de terrain et l’enquête auprès des maires et des riverains nous a permis de cartographier la limite précise de l’extension de la zone inondée. Nous avons également recensé les traces de chenaux de crue qui permettent de rendre compte de la dynamique de cette inondation. Sur Le Lot, le service d’hydrométrie générale de la DIREN gère la station hydrométrique de Livinhac depuis 1962 (6400 km²) Concernant la crue du Lot du 5 décembre 2003, les hauteurs et les débits suivants ont été relevés :
-  hauteur maximale : 6,14 m,
-  débit maximal estimé : 2100 m3/s
-  fréquence expérimentale : environ 30 ans

Notons qu’à Livinhac la crue du 5 décembre 2003 arrive au premier rang de la série des observations (1962 à 2003), avant celle du 2 décembre 1976 et du 15 décembre 1981. Mais dans le secteur de Grand-Vabre à Bouillac, cette crue est bien inférieure à celles de 1944 et 1927, suite à la comparaison de plaques de crue. Dans ce secteur de la vallée du Lot, la période de retour peut être estimé à 30 ans environ. Dans le cadre de l’analyse cartographique de l’inondation, nous allons voir, pour chaque secteur de la vallée, les comparaisons de cette crue avec les crues historiques, qui viennent à l’esprit des riverains :

BOISSE-PENCHOT : Nous avons cartographié les zones inondées dans la commune de Boisse-Penchot à partir du témoignage de la municipalité et du relevé des laisses de crue. Une grande partie de la plaine du Lot au droit de la cité de Verrerie à Boisse-Penchot a été inondée à l’exception de l’îlot de l’usine. Il y a eu plusieurs lignes de courants forts qui ont traversé la cité de Verrerie en inondant une cinquantaine de maisons (six maisons entièrement dévastées) avec une épaisseur d’eau d’environ deux mètres par endroit. Les courants dans la plaine ont saccagé les berges et arraché les haies, et affouillé la plaine en plusieurs points. Sur les cartes, dans le secteur de Verrerie, nous avons visualisé et répertorié les chenaux de crue qui ont affecté le lotissement de Comby. Ces chenaux ont posé des gros problèmes aux pompiers pour évacuer les habitants : pendant la crue, un camion des pompiers s’est retrouvé bloqué au milieu du chenal de crue. Dans la commune de Boisse-Penchot, les dégâts sont importants tant pour les particuliers que pour la collectivité.

BOUILLAC : Nous avons cartographié les zones inondées dans la commune de Bouillac à partir du témoignage de la municipalité et des laisses de crue que nous avons relevées. Une partie du bourg de Bouillac, plusieurs entreprises et une partie du lotissement de la Garenne ont été inondées. Selon la mairie, il y a eu une cinquantaine d’habitations sinistrées. Au droit du bourg de Bouillac, la RN 140 a été coupée sur 400 m.

DECAZEVILLE : Nous avons cartographié le débordement de la crue du Lot et du Riou Mort dans la commune de Decazeville. Une grande partie de la plaine du Lot dans la commune de Decazeville a été inondée, mais seule une entreprise a été touchée par la crue en amont du pont de Livinhac. Le Riou Mort a débordé en plusieurs secteurs de la commune de Decazeville :
-  Une grande partie du cimetière de Saint-Michel a été inondé et par endroits les hauteurs de la crue ont dépassé un mètre.
-  Dans le quartier du Jouncas, plusieurs maisons et jardins ont été inondés par la crue.
-  Une grande partie de la rue Alexis Monteil a été inondée dans le quartier Valayssac.
-  La Gendarmerie de Decazeville, plusieurs habitations collectives et leurs garages ont été inondés. Il s’agit là uniquement du refoulement du réseau d’assainissement, car il n’y a aucune connexion directe avec le Riou Mort.
-  Dans le quartier du Broual, la crue a inondé plusieurs bâtiments, parkings et jardins en amont du pont.
-  En aval du pont du Boural, sur la rive droite, plusieurs maisons et jardins ont été inondés.
-  Dans ce même quartier du Broual, la crue est arrivée au tablier du premier pont en amont du giratoire de la Vitarelle, sur la rive gauche, côté aval. Sous le pont, en rive droite, il n’y avait plus que 20 cm de tirant d’air. On constate que pour une crue plus forte le pont sera en charge. Au droit du giratoire de la Vitarelle, la période de retour de la crue du 5 décembre 2003 peut être estimée environ 50 ans.

FLAGNAC : Nous avons cartographié l’extension de la crue du 5 décembre 2003 à partir des relevés et du vécu de la mairie de Flagnac, couplés avec les traces physiques du passage de la crue. Nous avons constaté que la crue a touché une petite partie de la plaine qui se situe en bordure immédiate du méandre du Lot en rive gauche. Dans la commune, une seule maison a été touchée par la crue au lieu-dit la Combe. La comparaison de la crue du 5 décembre 2003 avec les crues de 1976 et 1981 montre que les écarts de niveaux sont très faibles de l’une à l’autre dans le secteur de Port d’Agrès et jusqu’au pont de Livinhac. On constate que depuis 1992 le lit mineur du Lot a été remanié dans le secteur de Port d’Agrès jusqu’au pont de Livinhac. Ces changements sont :
-  Le curage et l’extraction en lit ordinaire en amont du barrage de Marcenac, ainsi que l’élimination des îles ;
-  La suppression des îles dans le lit ordinaire en aval immédiat du barrage de Marcenac ;
-  L’arasement de l’ancien seuil fixe de Marcenac ;
-  La reconstruction du barrage de Marcenac, dont le seuil fixe a été remplacé par un seuil mobile (quatre volets de 25 m) calé 1,5 m plus bas, et qui permet ainsi la régulation des niveaux du bief amont.

Ces remaniements dans le lit ordinaire ont augmenté la capacité et la débitance dans le secteur de Flagnac, ce qui a eu pour effet bénéfique l’amélioration des conditions d’écoulement lors de la crue du 5 décembre 2003 par rapport aux crues de 1976 et 1981.

GRAND-VABRE : Dans la commune de Grand-Vabre, nous avons cartographie seulement le secteur du camping de Grand-Vabre au lieu-dit les Passes. Le moulin et les bâtiments du camping ont été touchés par la crue. Selon la propriétaire du camping, cette crue a été plus forte que celle du 14 décembre 1981. Sur le Dourdou, le service d’hydrométrie générale de la DIREN gère la station hydrométrique de Saint Cyprien. Les crues les plus fortes observées depuis 1980 sont celles du 14 décembre 1981 (5,06 m) et du 4 décembre 2003 (5,65 m). La période de retour de la crue 4 décembre 2003 peut être estimé à plus de 50 ans.

LIVINHAC-LE-HAUT : Nous avons cartographié les zones inondées dans la commune de Livinhac-le-Haut à partir du témoignage de la municipalité et des riverains, travail qui a été couplé avec les traces physiques du passage de la crue. Le débordement du Lot a touché plusieurs secteurs dans la commune de Livinhac-Le-Haut :
-  Au niveau du barrage de Marcenac, la suppression des îles dans le lit ordinaire en aval immédiat du barrage et le remplacement de l’ancien seuil fixe par un seuil mobile (calé 1,5 m plus bas) a permis l’amélioration des conditions d’écoulements la crue du 4 décembre 2003 dans le lit ordinaire, surtout en aval du seuil de Marcenac.
-  Dans le secteur du Rivage, une partie de la plaine a été inondée sur 100 à 120 m.
-  Tout le terrain du camping municipal a été inondé par la crue. Nous avons relevé une laisse de crue de 1,52m de hauteur sur la façade du bâtiment de la piscine de Livinhac-le-Haut.
-  Lors de la crue 4 décembre 2003, la station de Livinhac a enregistré une hauteur d’eau de 6,14m. Cette crue est la plus forte observée depuis 1962, bien supérieur à celles du 4 décembre 1976 (5,04m) et du 14 décembre 1981 (4,94m). Dans ce secteur de la vallée du Lot, la période de retour peut être estimé à environ 30 ans.
-  Plusieurs maisons et des serres dans un faubourg de Livinhac-le-Haut ont été inondées.
-  Dans le secteur du Castagnal, une grande partie de la plaine a été inondée par le Lot et le ruisseau de la Planque.
-  L’ancien laminoir situé à coté de la centrale hydroéléctrique de Livinhac-le-Haut a été inondé. Dans ce bâtiment , il existe plusieurs traits de crues historiques : la comparaison de la crue du 5 décembre 2003 (182,44 m) avec les crues de 1981 (181,31 m) et de 1927 (183,33 m) montrent que le maximum de 2003 est plus bas de 0,89m par rapport à celui de 1927, mais plus haut de 1,13 m par rapport à celui de 1981. La période de retour de la crue du 4 décembre 2003 peut être estimée à environ 30 ans.
-  A partir du pont de Boisse-Penchot jusqu’après Laroque-Bouillac, la RN 140 a été coupé sur 14 km, et les hauteurs d’eau y ont dépassé les deux mètres sur plusieurs tronçons.
-  Le bourg de Laroque Bouillac a été submergé par une épaisseur de 2,50m à 2,80m.

SAINT-PARTHEM : Dans la commune de Saint-Parthem, les débordements de la crue du Lot ont été très limités ; seuls quelques secteurs en bordure immédiate du Lot ont subi des dégâts. Les aménagements touristiques du camping « La Plaine » se situant à 500 m de Saint-Parthem ont été touchés par la crue. Les bâtiments et les terrasses du snack-bar ont été ravagés par une hauteur d’eau plus de 2,50 m (voir la fiche n°1) et les arbres dans le camping ont été déracinés et emportés par les courants. Le Centre de loisirs de Saint-Parthem a été inondé par une quarantaine de centimètres. Au lieu dit Molenat, la RD 42 a été coupée sur 200 m. Au Port d’Agrès, chez Mr Blanqui, la crue est arrivée au niveau de la dalle devant la porte d’entrée (à la cote : 188,91m). D’après le témoignage de Mr Blanqui, la crue de 1976 a été de 20 cm plus basse et la crue de 1981 de 31 cm plus haute (cote de la crue du 1927 : 190,28 m). Dans la maison de Mr Dalmont, la crue est arrivée à la cote 188,46 m (cote de la crue du 1927 : 189,91 m). La comparaison de la crue du 5 décembre 2003 avec les crues de 1976 et 1981 montre que les remaniements dans le lit ordinaire dans le secteur de Port d’Agrès jusqu’au pont de Livinhac ont amélioré les conditions d’écoulements. Car en amont et en aval de ce secteur, la crue de décembre 2003 est supérieure de plus d’un mètre à celles de 1976 et 1981.

VIVIEZ : Nous avons cartographié dans la commune de Viviez les zones inondées par le Riou Mort et le Riou Viou, à partir des témoignage et du vécu de la mairie de Viviez.

Le Riou Mort a inondé plusieurs quartiers dans la commune de Viviez :
-  Dans le quartier des Prades, la cité ouvrière et une entreprise ont été inondées par le débordement du Riou Mort, mai aussi par le débordement du ruisseau canalisé des Combettes en amont de la RN 140.
-  Le pont des Tuileries a été mis en charge par la crue, laquelle a atteint la cote 195,48 m NGF en amont du pont.
-  En aval du pont des Tuileries la crue a inondé toute la plaine sur les deux rives. Ainsi la cité, plusieurs maisons, Intermarché, des parkings et des jardins ont été touchés.
-  Le pont à l’entrée de la société Unicore a été mis en charge par la crue dont le maximum a atteint la cote 194,15 m en amont du pont et 193,70 m en aval.
-  Le cimetière de Viviez a été inondé.
-  Dans le secteur de la Grange, une partie de la station d’épuration de Viviez, une entreprise, deux maisons et les jardins ont été inondées.
-  Sur le pont de Joanis, il y a eu formation d’embâcles qui ont fait déborder le flot par-dessus les rambardes du pont. Comme la station de Viviez (SHMA-DIREN) se trouve en amont du pont, la hauteur du maximum relevé à l’échelle (4,5 m) est exagérée suite aux embâcles. Les niveaux les plus forts observés depuis 1975 sont ceux de février 1980 (3,05 m) et du 4 décembre 2003 (au droit de la station), ce dernier ayant une période de retour de 50 ans.

Le Riou Viou a débordé au centre ville de Viviez :
-  En amont du pont de la République (RD5), une partie du quartier de la rue du 4 septembre a été inondée, notamment du fait de la mise en charge de la passerelle en amont immédiat du Pont. Dans la rue de 4 septembre, plusieurs caves, garages et jardins ont été inondés.
-  En aval du pont de la République, la place de la Mairie et la bibliothèque de Viviez ont été inondées, à cause de la mise en charge du pont SNCF. Cette mise en charge est en grande partie liée à la présence importante de graviers qui réduisent le tirant d’air sous le pont. La crue a suivi l’avenue Paul Ramadier, a inondé les caves de l’école de Viviez par refoulement du réseau d’assainissement, et s’est finalement déversée sur les voies ferrées.

COMMUNE BOISSE-PENCHOT

I. FICHES D’INFORMATION (traits ou laisses de crue).

II. CARTES DES ZONES INONDEES PAR LA CRUE DU 5 DECEMBRE 2003.

COMMUNE BOUILLAC

I. FICHES D’INFORMATION (traits ou laisses de crue).

II. CARTES DES ZONES INONDEES PAR LA CRUE DU 5 DECEMBRE 2003.

COMMUNE DECAZEVILLE

I. FICHES D’INFORMATION (traits ou laisses de crue).

II. CARTES DES ZONES INONDEES PAR LA CRUE DU 5 DECEMBRE 2003.

COMMUNE FLAGNAC

I. FICHES D’INFORMATION (traits ou laisses de crue).

II. CARTES DES ZONES INONDEES PAR LA CRUE DU 5 DECEMBRE 2003.

COMMUNE GRAND-VABRE

I. FICHES D’INFORMATION (traits ou laisses de crue).

II. CARTES DES ZONES INONDEES PAR LA CRUE DU 5 DECEMBRE 2003.

COMMUNE LIVINHAC-LE-HAUT

I. FICHES D’INFORMATION (traits ou laisses de crue).

II. CARTES DES ZONES INONDEES PAR LA CRUE DU 5 DECEMBRE 2003.

COMMUNE SAINT-PARTHEM

I. FICHES D’INFORMATION (traits ou laisses de crue).

II. CARTES DES ZONES INONDEES PAR LA CRUE DU 5 DECEMBRE 2003.

ENVIRONNEMENT ET RISQUES NATURELS

CARTOGRAPHIE DES ZONES INONDEES CRUE DES 4 ET 5 DECEMBRE 2003 VALLEE DU LOT ET DU RIOU MORT

Rapport

Février 2004

SOMMAIRE pages Introduction 3

I. Présentation géographique et hydrologique.

II. Etude et cartographie de l’inondation des 4 et 5 décembre 2003.

III. Origine et déroulement de la crue des 4 et 5 décembre 2003. 8

IV. Boisse-Penchot, Bouillac, Decazeville, Flagnac, Grand-Vabre, Livinhac

le Haut, Saint-Parthem et Viviez : 21

-  Fiche d’information (traits ou laisses de crue).

-  Cartes des zones inondées par la crue du 5 décembre 2003.

GÉOSystèmes et Photo-analyses Appliqués aux Inondations et aux Risques naturels

GÉOSystèmes et Photo-analyses Appliqués aux Inondations et aux Risques naturels

INTRODUCTION

La DDE de l’Aveyron souhaite disposer d’éléments sur la crue des 4 et 5 décembre 2003 qui a provoqué des dégâts dans la vallée du Lot et du Riou Mort.

Cette étude a pour objectif d’analyser la crue dans sa genèse et sa dynamique, recueillir des photographies de la crue, constituer des fiches de crue et cartographier la zone inondée en décembre 2003, à l’échelle 1/5.000ème sur un fond cadastral. Cette étude concerne les secteurs à enjeux dans les communes suivantes : Boisse-Penchot, Bouillac, Decazeville, Flagnac, Grand-Vabre, Livinhac-le-Haut, Saint-Parthem et Viviez.

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I - PRESENTATION GEOGRAPHIQUE ET HYDROLOGIQUE

1.1. PRESENTATION GEOGRAPHIQUE DU BASSIN-VERSANT DU LOT.

Le PPR inondation du Lot aval et de ses affluents porte sur un territoire où confluent trois rivières dans l’ouest du département de l’Aveyron : le Lot, le Dourdou et le Riou Mort.

Ces trois bassins versants ont des caractères géographiques et hydroclimatologiques différents qu’il nous faut éclaircir rapidement pour saisir la complexité de la dynamique des crues.

La superficie du bassin du Lot est de 6 718 km² à la Roque Bouillac. Le Lot naît au pied du Mont Lozère à 1720 m d’altitude. Le point culminant du bassin atteint 1858 m au Plomb du Cantal. Le Lot se dirigeant globalement Est-Ouest, son bassin a une forme allongée avec une longueur qui est cinq fois supérieure à sa largeur.

Le bassin versant du Lot à la Roque Bouillac couvre une superficie de 6 718 km². Il se situe au Nord-Est du Bassin Aquitain et en bordure Sud du Massif Central. Le bassin versant du Lot se situe à l’Est de la montagne cristalline, morceau du Massif Central. La diversité géomorphologique, qui est notamment fonction de la nature géologique des terrains, donne lieu àplusieurs unités géographiques : les monts d’Aubrac, les monts du Cantal, le Gévaudan, les monts de la Margeride. L’altitude dépasse 1000 m un peu partout et les pentes sont souvent supérieures à 30 %. A partir de Mende, le Lot traverse une région de causses (Sauveterre, Sévérac) qui constituent la partie centrale du bassin. Formés de terrains d’âge jurassique et crétacé, ces causses constituent des massifs calcaires dolomitiques (système karstique des causses). A son entrée en région Midi-Pyrénées, et jusqu’à Entraygues, le Lot traverse systématiquement en gorges les différents affleurements de roches sédimentaires, tout d’abord les argilites du Permien puis les calcaires marneux du Jurassique. Dans se secteur, la pente de la vallée est forte et sa plaine inondable peu développée. La seule exception se trouve dans le secteur entre Saint-Geniez-d’Olt et Sainte-Eulalie-d’Olt où l’élargissement de la plaine inondable coïncide avec l’affleurement d’un micaschiste à Muscovite, permettant de penser que celui-ci est moins résistant à l’érosion fluviale que le micaschiste à deux micas qui l’entoure. Dans le secteur Saint-Laurent-d’Olt à Entraygues, le bassin-versant du Lot est dissymétrique. Sur ce tronçon, le Lot ne reçoit aucun affluent notable en rive gauche dans la traversé des causses (Sauveterre, Sévérac). Par contre, il reçoit plusieurs affluents sur la rive droite qui drainent les monts d’Aubrac. A Entraygues, le Lot reçoit en rive droite son principal affluent, la Truyère. Entre la confluence de la Truyère et le Port d’Agrès, le Lot draine des granites et des schistes. Ces roches qui sont résistantes à l’érosion fluviatile font que le Lot coule en gorge. Avec 0,1 %, la pente du Lot y est supérieure à la moyenne, et les zones inondables y sont peu développées. Entre le Port d’Agrès et Capdenac, le Lot traverse une structure géologique complexe (roches granitiques et schisteuses) avec une pente de 0,08 %. Ce secteur de vallée est caractérisé par plusieurs rétrécissements et élargissements de la plaine inondable.

Le bassin versant du Dourdou a une superficie de 490 km² à l’amont de sa confluence avec le Lot. Il draine successivement d’amont vers l’aval les terrains calcairo-marneux du Jurassique, les argilites du Permien et les schistes.

Le bassin versant du Riou-Mort dispose d’une superficie de 153 km² à l’amont de sa confluence avec le Lot. Le Riou-Mort et ses affluents drainent essentiellement le bassin houiller de Decazeville. Ce bassin est constitué de terrains sédimentaires (dépôts houillers de carbonifère), de roches métamorphiques (gneiss et schistes) et de roches magmatiques (granites et serpentine).

1.2 Origines météorologiques des crues du Lot :

Le bassin du Lot est climatologiquement et pluviométriquement hétérogène ; et le régime de la rivière, dans son cours moyen et inférieur, est pluvio-nival. En fait, sur un cours d’eau aussi long, et dont le bassin-versant présente de si grandes différences d’altitude et de situation territoriale, il n’est pas surprenant que le régime soit complexe et qu’il soit évolutif d’amont en aval, au fur et à mesure que s’additionnent les caractéristiques des affluents. Il en va de même pour les crues, dont l’origine n’est pas unique. Mais pour autant, complexité ne signifie pas confusion, et, de par leur origine météorologique, il est possible de regrouper ces phénomènes en deux grandes familles. Pour chacune d’elles, nous allons constater que l’éloignement progressif du Massif Central vis-à-vis ne doit en aucun cas amener à sous-estimer le rôle des massifs montagneux dans la naissance et le déroulement des crues.

1.2.1. Les crues générées par des averses liées aux perturbations atlantiques classiques surviennent essentiellement de décembre à mars-avril. En hiver, l’anticyclone des Açores se positionne en effet à de basses latitudes, et laisse sur l’Europe occidentale le champ libre aux déformations du « front polaire » et aux perturbations qui lui sont associées, lesquelles abordent le continent sud-européen selon une trajectoire ouest-est (avec variantes voisines de cet axe). Dans ces cas, les pluies répétitives affectent pendant 2 à 4 jours la quasi-totalité du grand Sud-Ouest, du Pays basque au Ségala ou des Charentes à l’Albigeois, et ce, sous des intensités de 15 à 70 mm / jour, pour donner un ordre de grandeur. Bien sûr, existent des paroxysmes pluvieux dans le temps et dans l’espace ; et inversement, des rémissions et des secteurs moins concernés. Cela s’est vérifié en décembre 1906, décembre 1923, mars 1927, février 1952, février 1961, février 1978 et décembre 1981... Dans le détail, il faut cependant considérer que la trajectoire de ce type de perturbation concerne surtout la partie ouest du Massif Central, et qu’il est classique d’assister à l’épuisement des averses sur les territoires les plus orientaux (hauts bassins versants du Tarn et du Lot), au fur et à mesure que sont franchies les massifs ou barrières orographiques successives (Ségala, Monts de Lacaune, Lévezou, Aubrac, Causses, Monts Lozère...) Il faut préciser aussi que bien souvent les précipitations tombées en altitude le sont sous forme de neige et non de pluie, étant donnée la saison. Ce sont donc les parties médianes des basins versants du Tarn et du Lot, exposées orographiquement à l’Ouest, qui fournissent le gros des bataillons de débit.

1.2.2. Le mauvais temps orageux de Sud-Est génère les crues dites méditerranéennes : nous retrouvons alors sur la scène météorologique les acteurs indispensables à l’émergence d’averses de type cévenol ou languedocien : anticyclone sur l’Europe centrale avec isobares méridiennes, dépression sur le golfe de Gascogne que contournent par le sud les fronts perturbés venus de l’Atlantique-nord. Sur la Méditerranée, se constitue un mélange détonant fait d’air chaud et sec saharien pulsé sur le bord occidental de l’anticyclone, et de celui des perturbations, frais et rechargé en humidité, puisqu’il arrive de l’Atlantique nord et qu’il vient de traverser la Méditerranée, après avoir contourné le centre dépressionnaire par le Sud. A la rencontre des reliefs languedociens, ces nuées électrisées déversent des déluges (100 à 400 mm en 24 h), qui ne se limitent pas systématiquement au rebord du Massif Central, aux Corbières ou aux Pyrénées-Orientales. La puissance du flux de Sud-Est, traduite au sol par les vents Marin et Autan noir, provoque de temps en temps l’arrivée de ces pluies jusqu’en territoire atlantique, sur les haut bassins-versants du Lot et du Tarn. On parle alors « d’averse méditerranéenne extensive », pour reprendre l’expression de Maurice Pardé. C’est en cela que la moyenne vallée du Lot est concernée. Certes, le Lot est une rivière océanique, mais son amont bassin s’étale sur des massifs directement exposés à l’extension territoriale des pluies cévenoles dont nous avons fait état. Celles-ci engendrent des crues rapides et puissantes, pouvant se répercuter très loin en aval, jusqu’en des régions où il n’est pas tombé une goutte de pluie ; ce fut bel et bien le cas de la crue des 4 et 5 décembre 2003, réplique atténuée de ce qui s’était passé en mars 1930, événement qui fait référence en la matière.

II - ETUDE ET CARTOGRAPHIE DE L’INONDATION DES 4 ET 5 DECEMBRE 2003 :

Nous avons cartographié les secteurs à en jeux inondés par la crue des 4 et 5 décembre 2003 sur les communes de Boisse-Penchot, Bouillac, Decazeville, Flagnac, Grand-Vabre, Livinhac le Haut, Saint-Parthem et Viviez.

2.1 Analyse et description des conditions de genèse et d’évolution de l’événement météo-hydrologique du 4 au 5 décembre 2003.

 Analyse météorologique de l’événement du 3 au 5 décembre 2003 :

-  Situation générale et évolution.
-  Alertes de Météo France.
-  Pluviométrie dans le bassin du Lot.
-  Secteurs paroxysmiques générateurs des crues.
-  Comparaison avec des événements passés et périodes de retour des pluies.

2.2 Etude et cartographie de l’inondation des 4 et 5 décembre 2003. Nous avons investi cette approche sous plusieurs angles et à partir de plusieurs outils méthodologiques :  Missions de terrain et enquête auprès des élus et des habitants ;  Analyse des photos ;  Recensement et localisation des traits et repères de la crue de décembre 2003 ;  Elaboration de fiches de crues avec des photographies ;  Relevé détaillé de la limite de la crue, à pied, tout le long du Lot sur la rive droite et sur la rive gauche ;  Enquête de terrain détaillé qui a permis de cartographier l’extension de la crue de décembre 2003 ;  Cartographie de la zone inondée au maximum de la crue de décembre 2003 ;  Analyse de phénomènes particuliers ou aggravants (confluences, embâcles, anthropisation des lits majeurs, importance des dégâts, augmentation contemporaine des enjeux le long du Lot).  Comparaison avec des événements passés et estimation de la période de retour de la crue. III. ORIGINE ET DÉROULEMENT DE LA CRUE DES 4 ET 5 DECEMBRE SUR LE SECTEUR D’ETUDE. Dès le dimanche 30 novembre 2003, le département de l’Aveyron a subi un épisode pluvieux cévenol, provoquant une crue en amont du bassin du Lot. Avant d’en venir au déroulement de la crue, il convient d’en examiner les conditions météorologiques, et de les comparer à des événements passés, restés mémorables.

3.1. LES CONDITIONS METEOROLOGIQUES DE LA CRUE DES 4 ET 5 DECEMBRE 2003 PAR METO FRANCE.

1°) SITUATION GENERALE Le dimanche 30 novembre, des précipitations se produisent sur les régions méditerranéennes et s’intensifient les jours suivants avec une franche orientation du flux de Sud ou Sud-Est. Mercredi 3 décembre, les vents de Sud tournent progressivement à l’Est et les pluies se décalent vers le Languedoc-Roussillon puis la région Midi-Pyrénées. En termes de précipitations, le département de l’Aveyron est affecté dès le 30 novembre par des précipitations régulières qui vont s’intensifier pour atteindre leur maximum le mercredi 3 décembre.

2°) HAUTEUR DE PRECIPITATIONS Cumuls en mm sur l’Aveyron :

03-déc 02-déc 01-déc 30-nov La Cavalerie 75,6 24,4 24 13 Decazeville 51,2 7,8 17,4 21,2 Huparlac 48,8 16,6 25,4 37,8 Rodez 53 12,6 16,2 18,8 Millau 65,4 22,8 17,8 13,8 Espalion 31,5 St-Côme 57,6 19 21,8 Belcastel 56 14,4 18 13,8 Villefranche-de-Rouergue 43,2 5,4 16,6 15,2 Belmont / Rance 77 18 15 6 Brommat 39,4 19,2 25,6 40,6 Requista 67 13 11 13 Montbazens 50 15 15 16 Laguiole 56 20 31 44 Villecomtal 50 22 20 29 Lanuejouls 41 11 14 21

Précipitations disponibles le 15/12/2003

Les pluies sont régulières et déjà soutenues les 30 novembre, 1er et 2 décembre avec des cumuls quotidiens souvent voisins de 15 à 20 mm par jour. A titre de comparaison, il tombe en moyenne 64,6 mm de précipitations en novembre sur la station de Millau. Elles deviennent encore plus importantes le 3 décembre avec des cumuls qui dépasse 50 mm à l’exception de l’ouest (Villefranche-de-Rouergue) et du nord-ouest (Brommat) du département. Sur les 4 jours cumulés, les valeurs de pluie dépassent 100 mm pour tous les postes à l’exception de Villefranche. Sur la Lozère, en amont des cours d’eau qui traversent l’Aveyron, les cumuls de précipitations observés entre le 1er et le 3 décembre sont encore plus importants avec 282 mm et 200 mm sur les postes respectifs du Bleymard et de Bagnols.

3 / DUREES DE RETOUR Dans le tableau ci-dessous, on reporte pour un poste et une période donnée (1,2,3 ou 4 jours) :
-  le plus fort cumul de précipitations en mm observé sur la période entre le 30/11 et le 03/12
-  la durée de retour correspondante.

1 jour 2 jours 3 jours 4 jours La Cavalerie 75,6 100 118 127 < 10 ans < 10 ans < 10 ans < 10 ans Decazeville 51,2 59 74 94 < 10 < 10 ans < 10 ans voisin 10 (101) Huparlac 48,8 65,4 88 121 < 10 < 10 ans < 10 ans Voisin de 10 ans (125) Rodez 53 65,6 81,8 100,6 < 10 ans < 10 ans < 10 ans 10 ans Millau 65,4 88,2 106 119,8 < 10 ans Voisin de 10 ans (93) Voisin de 10 ans (102) > 10 ans Espalion 57,6 76,6 98,4 129,9 < 10 ans < 10 ans voisin de 10 ans (106) > 10 ans Belcastel 56 70,4 88,4 102,2 Voisin de 10 ans (61) < 10 ans < 10 ans 10 ans Villefranche 43,2 48,6 65,2 80,4 < 10 ans < 10 ans < 10 ans < 10 ans Belmont / Rance 77 95 110 116 10 ans Voisin de 10 ans (99) voisin de 10 ans (115) voisin de 10 ans (122) Brommat 39,4 58,6 84,2 124,8 < 10 ans < 10 ans < 10 ans 10 ans Requista 67 80 91 104 10 ans Voisin de 10 ans (86) voisin de 10 ans (100) voisin de 10 ans (110)

On constate que sur les quatre jours, tous les postes (à part Villefranche-de-Rouergue et La Cavalerie) ont au moins un cumul dont la durée de retour est voisine de 10 ans ou supérieure ou égal à 10 années. Sur la Lozère, en amont du Lot, les durées de retour dépassent largement les valeurs décennales :

Poste Lundi 1/12 Mardi 2/12 Mercredi 3/12 Cumul sur trois jours Durée de retour estimée des cumuls sur trois jours

LE BLEYMARD 127 63 91 282 50 ans

BAGNOLS 74 52 74 200 50 ans

BRENOUX 85 27 57 169 100 ans

1 jour 2 jours 3 jours 4 jours Montbazens 50 65 80 96 10 ans Voisin de 10 ans 10 ans 10 ans Laguiole 56 76 107 151 < 10 ans < 10 ans Voisin de 10 ans 10 ans Villecomtal 50 72 92 121 < 10 ans < 10 ans Voisin de 10 ans 10 ans Lanuejouls 41 52 66 87 < 10 ans < 10 ans < 10 ans Non-Calculée

On constate que sur les quatre jours, à part Lanuejouls, tous les postes ont au moins un cumul dont la durée de retour est voisine de 10 ans ou supérieure ou égal à 10 années.

4°) AVIS DE L’EXPERT METEOROLOGIQUE DE METO FRANCE

On peut donc considérer que du 30 novembre 2003 au 03 décembre 2003 le département de l’Aveyron a été soumis à des cumuls pluviométriques qui dans l’ensemble sont exceptionnels et de durées de retour égales où supérieures à 10 ans, exceptés pour la zone de la Cavalerie et la zone de Villefranche-de-Rouergue.

A noter que ces précipitations surviennent après une période (depuis le 21 novembre) déjà très pluvieuse et sont donc tombées sur des sols saturés en eau ce qui augmente nettement les phénomènes de ruissellement.

Carte sur 3 et 4 jours des cumuls pluviométriques, correspondance poste/cours d’eau

3.2 PRESENTATION HYDROLOGIQUE DE L’EVENEMENT

Ce secteur de vallée du Lot fut submergé par les grandes crues de mars 1783, novembre 1868, 13 septembre 1875, février 1904, 9 mars 1927, septembre 1866, octobre 1920, (mars 1930 ?), décembre 1944, 1888, 2 décembre 1976, 15 décembre 1981 et 3 décembre 2003... qui noyèrent tout ou partie de la plaine. Pour apprécier l’événement des 4 et 5 décembre 2003 en termes hydrologiques, nous bénéficions des données hydrométriques du service d’annonce de crue de la DDE du Lot, aux différentes stations dans le bassin. Ce paragraphe vise à commenter les données aux stations de référence retenues et leur période de retour pour en analyser l’impact.

REPARTITION SPATIALE DE LA PLUIE

Un épisode pluvio-orageux s’est installé sur le bassin du Lot à partir du 30 novembre. Les pluies faibles durant la journée du 30, se sont intensifiées dans la nuit du 30 au 1er pour devenir fortes et orageuses durant cette dernière ( de 30 à 60 mm d’eau ). Une accalmie s’est installée durant la journée du 2 décembre, puis l’épisode pluvio-orageux a repris durant la nuit du 2 au 3 pour s’intensifier durant la journée du 3 (donnant une lame d’eau supérieure à 60 mm). Les pluies ont été modérées durant la journée du 4, pour disparaître le 5 décembre.

-  Pluviométrie dans le bassin du Lot en mm :

Stations le 30/11 le 1/12 le 2 / 12 le 3 / 12 le 4 / 12 Total CAPDENAC 23,6 23,5 8,3 57,4 0,1 112,9 SAINT CYPRIEN 23,4 29,00 10,2 60,6 0 123,2 ENTRAYGUES 21,7 36,6 11,6 60,00 18,6 148,5 LA BOULDOIRE 16,2 38,9 13,1 63,5 0 131,7 SAINT CHELY 19,5 18,5 7,7 10,1 1,7 57,7 ESPALION 19,1 38,00 11,6 62,3 0,1 131,1 SAINT LAURENT 4,6 22,1 3,00 37,4 0,4 67,5 MENDE 11,1 58,8 22,5 68,1 3,6 164,1 BAGNOLS les BAINS 6,1 60,1 31,00 78,1 9,4 184,7

-  Les hauteurs d’eau aux différentes stations (en mètres)

LOT

stations préalerte alerte maximun fin alerte fin préalerte CAPDENAC 1/12 à 16h 1/12 à 17h 4/12 à 6h 6,35 6/12 à 11h 6/12 à 13h ENTRAYGUES 2/12 à 14h 2/12 à 14h 4/12 à 3h 6,82 6/12 à 11h 6/12 à 13h ESPALION 2/12 à 12h 2/12/ à 15h 4/12 à 0h 6,26 6/12 à 18h 6/12 à 18h30 SAINT LAURENT 1/12 à 14h 1/12 à 16h 3/12 à 21h 6,70 6/12 à 11h 6/12 à 18h MENDE 1/12 à 15h 1/12 à 16h30 3/12 à 19h 3,80 5/12 à 9h30 6/12 à 8h

Les temps de retour peuvent être estimés comme suit :

Rivière Lot

stations Temps de retour CAHORS 15 à 20 ans CAPDENAC 15 à 20 ans ENTRAYGUES 50 ans ESPALION 100 ans SAINT LAURENT 100 ans MENDE 50 ans

Sur le Lot amont, le débit de la rivière était déjà soutenu à la veille de l’évènement, du fait de sols gorgés d’eau, suite à une première petite crue sur les stations de MENDE et SAINT LAURENT une dizaine de jours auparavant (2,27 m à MENDE le 24/11/03 à 8h, et 2,90 m à SAINT-LAURENT le 24/11/03 à 16h )

La crue sur le département de la Lozère a atteint une cote à peu près identique à celle de novembre 1994 : on note seulement 15cm de moins à la station de MENDE. La montée a été lente, de l’ordre de 0,15 m / h pour atteindre le maximum le 3/12 à 19h.

Dans le département de l’Aveyron, la crue a été plus forte que celle de novembre 1994, de plus de 50cm à chaque station. Il s’agit pour ESPALION de la plus forte crue connue, tandis que pour ENTRAYGUES, elle peut être qualifiée d’identique à celle de décembre 1981. Pour les stations de CAHORS et de CAPDENAC, cet événement est comparable à celui de 1944. L’averse méditerranéenne en amont-bassin du Lot est le déclencheur de la crue du 4 et 5 décembre 2003. Elle a présenté des caractères forts de régularité, d’intensité et d’extension spatiale. L’originalité vient de la géographie des pluies et particulièrement des fortes pluies touchant le secteur amont du bassin versant, l’épicentre étant localisé sur le bassin supérieur du Lot. La fiabilitéde ces estimations de périodes de retour est très variable et dépend de nombreux facteurs. Néanmoins, la plupart des valeurs affichées donnent une idée de l’importance de l’événement, mais surtout permettent une première approche dynamique de la crue. On s’aperçoit que la crue, importante dans le haut bassin, se développe en puissance entre Saint- Laurent et Espalion. A Entraygues, elle devient moins importante, car les barrages ont absorbé environ 90 % de la crue de la Truyère et ils n’ont restitué qu’un débit qui se situait entre 130 et 180 m3/s.

2.4. L’analyse de la crue dans la vallée du Lot aval : Nous avons cartographié l’extension de la crue des 4 et 5 décembre 2003 du Lot, le Riou-Mort et le Dourdou. Il s’est agi d’identifier les secteurs à enjeux dans les communes de : Boisse-Penchot, Bouillac, Decazeville, Flagnac, Grand-Vabre, Livinhac-le-Haut, Saint-Parthem et Viviez. L’enquête de terrain et l’enquête auprès des maires et des riverains nous a permis de cartographier la limite précise de l’extension de la zone inondée. Nous avons également recensé les traces de chenaux de crue qui permettent de rendre compte de la dynamique de cette inondation. Sur Le Lot, le service d’hydrométrie générale de la DIREN gère la station hydrométrique de Livinhac depuis 1962 (6400 km²) Concernant la crue du Lot du 5 décembre 2003, les hauteurs et les débits suivants ont été relevés :
-  hauteur maximale : 6,14 m,
-  débit maximal estimé : 2100 m3/s
-  fréquence expérimentale : environ 30 ans

Notons qu’à Livinhac la crue du 5 décembre 2003 arrive au premier rang de la série des observations (1962 à 2003), avant celle du 2 décembre 1976 et du 15 décembre 1981. Mais dans le secteur de Grand-Vabre à Bouillac, cette crue est bien inférieure à celles de 1944 et 1927, suite à la comparaison de plaques de crue. Dans ce secteur de la vallée du Lot, la période de retour peut être estimé à 30 ans environ. Dans le cadre de l’analyse cartographique de l’inondation, nous allons voir, pour chaque secteur de la vallée, les comparaisons de cette crue avec les crues historiques, qui viennent à l’esprit des riverains :

BOISSE-PENCHOT : Nous avons cartographié les zones inondées dans la commune de Boisse-Penchot à partir du témoignage de la municipalité et du relevé des laisses de crue. Une grande partie de la plaine du Lot au droit de la cité de Verrerie à Boisse-Penchot a été inondée à l’exception de l’îlot de l’usine. Il y a eu plusieurs lignes de courants forts qui ont traversé la cité de Verrerie en inondant une cinquantaine de maisons (six maisons entièrement dévastées) avec une épaisseur d’eau d’environ deux mètres par endroit. Les courants dans la plaine ont saccagé les berges et arraché les haies, et affouillé la plaine en plusieurs points. Sur les cartes, dans le secteur de Verrerie, nous avons visualisé et répertorié les chenaux de crue qui ont affecté le lotissement de Comby. Ces chenaux ont posé des gros problèmes aux pompiers pour évacuer les habitants : pendant la crue, un camion des pompiers s’est retrouvé bloqué au milieu du chenal de crue. Dans la commune de Boisse-Penchot, les dégâts sont importants tant pour les particuliers que pour la collectivité.

BOUILLAC : Nous avons cartographié les zones inondées dans la commune de Bouillac à partir du témoignage de la municipalité et des laisses de crue que nous avons relevées. Une partie du bourg de Bouillac, plusieurs entreprises et une partie du lotissement de la Garenne ont été inondées. Selon la mairie, il y a eu une cinquantaine d’habitations sinistrées. Au droit du bourg de Bouillac, la RN 140 a été coupée sur 400 m.

DECAZEVILLE : Nous avons cartographié le débordement de la crue du Lot et du Riou Mort dans la commune de Decazeville. Une grande partie de la plaine du Lot dans la commune de Decazeville a été inondée, mais seule une entreprise a été touchée par la crue en amont du pont de Livinhac. Le Riou Mort a débordé en plusieurs secteurs de la commune de Decazeville :
-  Une grande partie du cimetière de Saint-Michel a été inondé et par endroits les hauteurs de la crue ont dépassé un mètre.
-  Dans le quartier du Jouncas, plusieurs maisons et jardins ont été inondés par la crue.
-  Une grande partie de la rue Alexis Monteil a été inondée dans le quartier Valayssac.
-  La Gendarmerie de Decazeville, plusieurs habitations collectives et leurs garages ont été inondés. Il s’agit là uniquement du refoulement du réseau d’assainissement, car il n’y a aucune connexion directe avec le Riou Mort.
-  Dans le quartier du Broual, la crue a inondé plusieurs bâtiments, parkings et jardins en amont du pont.
-  En aval du pont du Boural, sur la rive droite, plusieurs maisons et jardins ont été inondés.
-  Dans ce même quartier du Broual, la crue est arrivée au tablier du premier pont en amont du giratoire de la Vitarelle, sur la rive gauche, côté aval. Sous le pont, en rive droite, il n’y avait plus que 20 cm de tirant d’air. On constate que pour une crue plus forte le pont sera en charge. Au droit du giratoire de la Vitarelle, la période de retour de la crue du 5 décembre 2003 peut être estimée environ 50 ans.

FLAGNAC : Nous avons cartographié l’extension de la crue du 5 décembre 2003 à partir des relevés et du vécu de la mairie de Flagnac, couplés avec les traces physiques du passage de la crue. Nous avons constaté que la crue a touché une petite partie de la plaine qui se situe en bordure immédiate du méandre du Lot en rive gauche. Dans la commune, une seule maison a été touchée par la crue au lieu-dit la Combe. La comparaison de la crue du 5 décembre 2003 avec les crues de 1976 et 1981 montre que les écarts de niveaux sont très faibles de l’une à l’autre dans le secteur de Port d’Agrès et jusqu’au pont de Livinhac. On constate que depuis 1992 le lit mineur du Lot a été remanié dans le secteur de Port d’Agrès jusqu’au pont de Livinhac. Ces changements sont :
-  Le curage et l’extraction en lit ordinaire en amont du barrage de Marcenac, ainsi que l’élimination des îles ;
-  La suppression des îles dans le lit ordinaire en aval immédiat du barrage de Marcenac ;
-  L’arasement de l’ancien seuil fixe de Marcenac ;
-  La reconstruction du barrage de Marcenac, dont le seuil fixe a été remplacé par un seuil mobile (quatre volets de 25 m) calé 1,5 m plus bas, et qui permet ainsi la régulation des niveaux du bief amont.

Ces remaniements dans le lit ordinaire ont augmenté la capacité et la débitance dans le secteur de Flagnac, ce qui a eu pour effet bénéfique l’amélioration des conditions d’écoulement lors de la crue du 5 décembre 2003 par rapport aux crues de 1976 et 1981.

GRAND-VABRE : Dans la commune de Grand-Vabre, nous avons cartographie seulement le secteur du camping de Grand-Vabre au lieu-dit les Passes. Le moulin et les bâtiments du camping ont été touchés par la crue. Selon la propriétaire du camping, cette crue a été plus forte que celle du 14 décembre 1981. Sur le Dourdou, le service d’hydrométrie générale de la DIREN gère la station hydrométrique de Saint Cyprien. Les crues les plus fortes observées depuis 1980 sont celles du 14 décembre 1981 (5,06 m) et du 4 décembre 2003 (5,65 m). La période de retour de la crue 4 décembre 2003 peut être estimé à plus de 50 ans.

LIVINHAC-LE-HAUT : Nous avons cartographié les zones inondées dans la commune de Livinhac-le-Haut à partir du témoignage de la municipalité et des riverains, travail qui a été couplé avec les traces physiques du passage de la crue. Le débordement du Lot a touché plusieurs secteurs dans la commune de Livinhac-Le-Haut :
-  Au niveau du barrage de Marcenac, la suppression des îles dans le lit ordinaire en aval immédiat du barrage et le remplacement de l’ancien seuil fixe par un seuil mobile (calé 1,5 m plus bas) a permis l’amélioration des conditions d’écoulements la crue du 4 décembre 2003 dans le lit ordinaire, surtout en aval du seuil de Marcenac.
-  Dans le secteur du Rivage, une partie de la plaine a été inondée sur 100 à 120 m.
-  Tout le terrain du camping municipal a été inondé par la crue. Nous avons relevé une laisse de crue de 1,52m de hauteur sur la façade du bâtiment de la piscine de Livinhac-le-Haut.
-  Lors de la crue 4 décembre 2003, la station de Livinhac a enregistré une hauteur d’eau de 6,14m. Cette crue est la plus forte observée depuis 1962, bien supérieur à celles du 4 décembre 1976 (5,04m) et du 14 décembre 1981 (4,94m). Dans ce secteur de la vallée du Lot, la période de retour peut être estimé à environ 30 ans.
-  Plusieurs maisons et des serres dans un faubourg de Livinhac-le-Haut ont été inondées.
-  Dans le secteur du Castagnal, une grande partie de la plaine a été inondée par le Lot et le ruisseau de la Planque.
-  L’ancien laminoir situé à coté de la centrale hydroéléctrique de Livinhac-le-Haut a été inondé. Dans ce bâtiment , il existe plusieurs traits de crues historiques : la comparaison de la crue du 5 décembre 2003 (182,44 m) avec les crues de 1981 (181,31 m) et de 1927 (183,33 m) montrent que le maximum de 2003 est plus bas de 0,89m par rapport à celui de 1927, mais plus haut de 1,13 m par rapport à celui de 1981. La période de retour de la crue du 4 décembre 2003 peut être estimée à environ 30 ans.
-  A partir du pont de Boisse-Penchot jusqu’après Laroque-Bouillac, la RN 140 a été coupé sur 14 km, et les hauteurs d’eau y ont dépassé les deux mètres sur plusieurs tronçons.
-  Le bourg de Laroque Bouillac a été submergé par une épaisseur de 2,50m à 2,80m.

SAINT-PARTHEM : Dans la commune de Saint-Parthem, les débordements de la crue du Lot ont été très limités ; seuls quelques secteurs en bordure immédiate du Lot ont subi des dégâts. Les aménagements touristiques du camping « La Plaine » se situant à 500 m de Saint-Parthem ont été touchés par la crue. Les bâtiments et les terrasses du snack-bar ont été ravagés par une hauteur d’eau plus de 2,50 m (voir la fiche n°1) et les arbres dans le camping ont été déracinés et emportés par les courants. Le Centre de loisirs de Saint-Parthem a été inondé par une quarantaine de centimètres. Au lieu dit Molenat, la RD 42 a été coupée sur 200 m. Au Port d’Agrès, chez Mr Blanqui, la crue est arrivée au niveau de la dalle devant la porte d’entrée (à la cote : 188,91m). D’après le témoignage de Mr Blanqui, la crue de 1976 a été de 20 cm plus basse et la crue de 1981 de 31 cm plus haute (cote de la crue du 1927 : 190,28 m). Dans la maison de Mr Dalmont, la crue est arrivée à la cote 188,46 m (cote de la crue du 1927 : 189,91 m). La comparaison de la crue du 5 décembre 2003 avec les crues de 1976 et 1981 montre que les remaniements dans le lit ordinaire dans le secteur de Port d’Agrès jusqu’au pont de Livinhac ont amélioré les conditions d’écoulements. Car en amont et en aval de ce secteur, la crue de décembre 2003 est supérieure de plus d’un mètre à celles de 1976 et 1981.

VIVIEZ : Nous avons cartographié dans la commune de Viviez les zones inondées par le Riou Mort et le Riou Viou, à partir des témoignage et du vécu de la mairie de Viviez.

Le Riou Mort a inondé plusieurs quartiers dans la commune de Viviez :
-  Dans le quartier des Prades, la cité ouvrière et une entreprise ont été inondées par le débordement du Riou Mort, mai aussi par le débordement du ruisseau canalisé des Combettes en amont de la RN 140.
-  Le pont des Tuileries a été mis en charge par la crue, laquelle a atteint la cote 195,48 m NGF en amont du pont.
-  En aval du pont des Tuileries la crue a inondé toute la plaine sur les deux rives. Ainsi la cité, plusieurs maisons, Intermarché, des parkings et des jardins ont été touchés.
-  Le pont à l’entrée de la société Unicore a été mis en charge par la crue dont le maximum a atteint la cote 194,15 m en amont du pont et 193,70 m en aval.
-  Le cimetière de Viviez a été inondé.
-  Dans le secteur de la Grange, une partie de la station d’épuration de Viviez, une entreprise, deux maisons et les jardins ont été inondées.
-  Sur le pont de Joanis, il y a eu formation d’embâcles qui ont fait déborder le flot par-dessus les rambardes du pont. Comme la station de Viviez (SHMA-DIREN) se trouve en amont du pont, la hauteur du maximum relevé à l’échelle (4,5 m) est exagérée suite aux embâcles. Les niveaux les plus forts observés depuis 1975 sont ceux de février 1980 (3,05 m) et du 4 décembre 2003 (au droit de la station), ce dernier ayant une période de retour de 50 ans.

Le Riou Viou a débordé au centre ville de Viviez :
-  En amont du pont de la République (RD5), une partie du quartier de la rue du 4 septembre a été inondée, notamment du fait de la mise en charge de la passerelle en amont immédiat du Pont. Dans la rue de 4 septembre, plusieurs caves, garages et jardins ont été inondés.
-  En aval du pont de la République, la place de la Mairie et la bibliothèque de Viviez ont été inondées, à cause de la mise en charge du pont SNCF. Cette mise en charge est en grande partie liée à la présence importante de graviers qui réduisent le tirant d’air sous le pont. La crue a suivi l’avenue Paul Ramadier, a inondé les caves de l’école de Viviez par refoulement du réseau d’assainissement, et s’est finalement déversée sur les voies ferrées.

COMMUNE BOISSE-PENCHOT

I. FICHES D’INFORMATION (traits ou laisses de crue).

II. CARTES DES ZONES INONDEES PAR LA CRUE DU 5 DECEMBRE 2003.

COMMUNE BOUILLAC

I. FICHES D’INFORMATION (traits ou laisses de crue).

II. CARTES DES ZONES INONDEES PAR LA CRUE DU 5 DECEMBRE 2003.

COMMUNE DECAZEVILLE

I. FICHES D’INFORMATION (traits ou laisses de crue).

II. CARTES DES ZONES INONDEES PAR LA CRUE DU 5 DECEMBRE 2003.

COMMUNE FLAGNAC

I. FICHES D’INFORMATION (traits ou laisses de crue).

II. CARTES DES ZONES INONDEES PAR LA CRUE DU 5 DECEMBRE 2003.

COMMUNE GRAND-VABRE

I. FICHES D’INFORMATION (traits ou laisses de crue).

II. CARTES DES ZONES INONDEES PAR LA CRUE DU 5 DECEMBRE 2003.

COMMUNE LIVINHAC-LE-HAUT

I. FICHES D’INFORMATION (traits ou laisses de crue).

II. CARTES DES ZONES INONDEES PAR LA CRUE DU 5 DECEMBRE 2003.

COMMUNE SAINT-PARTHEM

I. FICHES D’INFORMATION (traits ou laisses de crue).

II. CARTES DES ZONES INONDEES PAR LA CRUE DU 5 DECEMBRE 2003.

Le système SPIP ne permettant pas manifestement de joindre cette pièce ou coller le fichier, vous voudrez bien, si vous souhaitez disposer de ce rapport, joindre FGAZELLE par courrier électronique gazelle@univ-tlse2.fr

qui vous fera passer par e-mail

fg

COMMUNE DE VIVIEZ

I. FICHES D’INFORMATION (traits ou laisses de crue).

II. CARTES DES ZONES INONDEES PAR LA CRUE DU 5 DECEMBRE 2003.

COMMUNE DE VIVIEZ

I. FICHES D’INFORMATION (traits ou laisses de crue).

II. CARTES DES ZONES INONDEES PAR LA CRUE DU 5 DECEMBRE 2003.