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Angleterre et Pays de Galles


Article publié le 8 novembre 2004
par GEODE

Extrait de "Risques naturels et aménagement en Europe" Editions Armand Colin, 2002, un compte-rendu d’article de Sylvia Tunstall de l’université de Middlesex :

De graves inondations ont affecté l’Angleterre et le Pays de Galles en 1998 (5 morts)et en 2000. Elle ont mis en cause l’urbanisation des zonesinondables. Il est apparu, en effet, que 5 millions d’Anglais et de Gallois vivaient en zone inondable (2 millions d’habitations et 185 000 entreprises). Pourtant, le ministère en charge de ces questions (Agriculture) avait fait prendre, pour les zones inondables, une série de mesures tendant à :
-  perfectionner l’alerte
-  doter l’habitat de systèmes préventifs
-  décourager l’urbanisation. Encore fallait-il identifier les dites zones... Or il apparaît que seules les zones les plus menacées étaient réellement connues, ce qui a laissé libre cours à l’urbanisation de celles où le risque était peu ou mal perçu. De ce fait, entre 1980 et 2000, l’urbanisation a investi de vaste territoires, notamment alluviaux, lesquels se sont révélés inondables à l’occasion des crues de 1998 et 2000. Pour autant, S.Tunstall fait remarquer que cette tendance se poursuivait en 2001, les demandes de permis de construire dans ces zones atteignant des records : 36 000 pour les habitations, 2 700 pour les aménagements non résidentiels ; soit pratiquement le double qu’en 1998... Parmi les mesures prises, devant avoir des conséquences positives à moyen terme, sous l’impulion du pouvoir central, il y a lieu de citer le National Planning Policy Guidance (PPG25), qui a établi une sorte de grille de gradation des risques, en principe basée sur une cartographie : 1. les zones à probabilité annuelle d’inondation, où on doit laisser libre l’ensemble des champs d’inondation. On ne saurait diminuer la capacité de stockage de ces zones. 2. les secteurs à risque faible ou moyen, dans lesquels les aménagements sont possibles, moyennant des prescriptions d’ordre architectural et des garanties concernant les alertes et les secours. 3. les zones dites à haut risque. On y retrouve quelques traits des règlements PPR en France, à savoir, que les champs d’épandages naturels, c’est-à-dire non aménagés et non construits, doivent le rester, sauf en ce qui concerne la voirie, à condition qu’il n’y ait pas de phénomène de surcote préjudiciable avec aggration locale de l’inondation. Les secteurs déjà investis peuvent recevoir quelque urbanisation, avec prescriptions diverses (bâti, surélévation, secours). L’auteur consacre en suivant de longs paragraphes sur l’optique des assureurs. Un bon manuel d’Armand Colin, publié sous la direction scientifique de Yvette Veyret, Gérald Garry et Nancy Meschinet de Richemond, qui contient nombnre d’articles très intéressant sur la politique des risques dans divers pays européens (Hongrie, Espagne, Italie, Suisse...)