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fausse crue du Mississipi

La Nouvelle-Orléans inondée

digues et surcotes

Article publié le 5 septembre 2005
par GEODE

Les secteurs situés de part et d’autre de l’extrême aval du Mississipi viennent d’être touchés par une submersion, représentant une catastrophe naturelle majeure pour les Etats-Unis. Il y a lieu d’en préciser les causes, qui ne sont pas à rechercher dans une crue fluviale proprement dite du Mississipi. Fin août, en effet, ce fleuve se trouvait das une situation hyrologique proche de la normale, sans crue en cours ou annoncée venant de l’amont. Toutefois, les services "compétents" ne pouvaient ignorer l’arrivée du cyclone Katrina. Une partie de la population de la Nouvelle-Orléans a été évacuée, puisque des vents dépassant 250 km/h étaient prévus sur cette région, c’est-à-dire - entre autres - sur le delta du Mississipi. En pareil cas, tous les rivages et toutes les embouchures subissent une surcote marine. Nous avons connu un tel phénomène en décembre 1999 dans la Gironde, avec l’inondation de la centrale nucléaire de Braud-St-Louis, du fait d’un vent de N.O. à 130 km/h associé à une marée haute à coefficient supérieur à 100, alors qu’il n’y avait pas de crue sur la Garonne-Dordogne. De même, l’Hérault à Agde, le très fort vent de S.E. a aggravé les crues fluvuiales et submersions en novembre 1982 et décembre 1997, en induisant une surcote. Ces surélévations du niveau marin et des fleuves près des cotes se chiffrent, dans les cas que nous venons de citer, à 1,30m - 1,70m environ, pour donner un ordre de grandeur. Evidemment, lorsque la vitesse du vent devient paroxysmique, la surcote dépasse largement ces valeurs. C’est ce qui s’est passé la semaine dernière sur le Mississipi inférieur, puisqu’il semble que les niveaux se sont élevés de plus de 6m, et ce, comme dit plus haut, sans crue fluviale. De plus, dans ce secteur de littoral à marée diurne et non semi-diurne, le rôle d’ordinaire jouée par la marée basse qui aspire la ligne d’eau fluviale en deça du 0 marin, n’a pu se réaliser...à défaut de marée basse digne de ce nom. Effectivement, si l’on se penche sur ques données d’archive, qui donnent au Mississipi respectivement les cotes de 6,32m et de 6,50m à l’échelle de la Nouvelle-Orléans, lors des crues de 1922 et 1927, presque égalées par celle de 1993, et lesquelles n’ont pas détruit l’agglomération comme la catastrophe de 2005, on s’aperçoit qu’il a fallu un maximum à 7,50 - 8m pour que les digues soient surpassées (ce qui correspond à peut près à ce qui a été dit par les médias). De surcroît, le système d’endiguement intervient de façon tout à fait négative si les eaux passent dans les territoires - urbanisés en l’occurence - sensés être protégés par les digues, car l’inondation ne peut plus se retirer et regagner le Mississipi, précisément à cause des digues. Il faut ajouter que le lac Pontchartrain, qui se situe entre la ville et le littoral, peut, à l’occasion d’un cyclone, recevoir des eaux marines en surcote, remontant un émissaire (débouché du lac dans le golfe du Mexique). Or, ce lac met en communiation e Mississipi et le golfe : un canal de décharge (appelé canal de Bonnet-Carré) envoie le trop-plein éventuel dans le lac de Pontchartrain, lequel est sensé se reverser en mer. Bien entendu, dans les circonstances de fin août 2005, ce "reversement" a fonctionné a contre-sens, faisant monter de 5m le niveau du lac, mais aussi le canal de Bonnet-Carré. Du coup, les digues la ville des crues du Mississipi ont reçu autant de flot sur leurs deux faces... La photo proposée en pièce attachée montre une inondation datant de la décennie 60 du secteur en question. Le Mississipi est au premier plan, et la canal de Bonnet-Carré au-delà. On ne peut pas percevoir l’évacuateur de crue et ses 350 vannes, manoeuvrée individuellement pour régulariser le débit à décharger du fleuve vers le lac. Pas de commentaire sur le calcul de hauteur des digues protectrices de la Nouvelle-Orléans, de leur retrait vis-à-vis du lit du fleuve (retrait qui de toutes façons n’aurait pas été très efficace puisqu’il ne s’agissait pas d’une crue fluviale), ni sur les raisons d’un entretien de ces ouvrages, qualifié d’insuffisant par les médias et les pouvoirs publics locaux (ce qui est toujours un sujet de controverse quand des iniondations se produisent quelque part...). Disons simlement que l’homme et sa technicité sont assez souvent impuissants face aux crises exceptionnelles... F. GAZELLE, GEODE