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interprétation de texte ancien

Crue de 1770 à Condom sur la Baïse

département du Gers

Article publié le 2 décembre 2006
par GEODE

Extrait du registre de la mairie de Condom Crue du 6 avril 1770

(copie littérale partiellement aménagée pour la meilleure compréhension)

Aujourd’hui huitième du mois d’avril, 1770 dans l’hôtel de ville de Condom, messieurs le maire échevins (= adjoints au maire) et conseillers de ville y étant assemblés. Par monsieur le maire et échevins a été dit s’étant transporté aux avenues du faubourg St joseph de la bouquerie. Lors du débordement de la rivière Baïse qui a commencé le 4 de ce mois. La furie que la vague, ils auraient trouvé que la crue des eaux montait a plus de 10 pieds (ce qui veut dire un peu plus de 3 mètres) dans ce faubourg le plus grand et le plus peuplé de la ville. N’y ayant pas de bateau, il était impossible de pouvoir donner du secours aux malheureux habitants qui étaient presque tous totalement dépourvu des choses les plus nécessaire à la vie, que pour prévenir leur mort qui était comme inévitable. on aurait mandé les nommés Thomas Cajar, charpentier, et François Aucomé, maçon ouvrier, les plus expérimentés de la ville auxquels on aurait ordonné de jeter des ponts volants d’un coté de rue à l’autre. Ce qu’ils auraient exécuter avec la plus grande promptitude, le plus grand zèle et au péril de leur vie, et après avoir fait percer toutes les maisons du dit faubourg pour communiquer de l’une à l’autre et faire sortir de celles qui ne paraissait pas sures, les habitants. On aurait fait passer des secours, que notre respectable évêque dont la charité ne se dément jamais et auquel c’est joint son vénérable chapître, a fourni abondamment. Après que la rivière fut rentrée dans son lit, le maire et échevins se sont transporté au dit faubourg. Ils auraient vu avec la plus grande douleur que le débordement avait fait crouler plusieurs magasins, enlevé quantité de marchandises et effets, emporté plusieurs murs, et ébranlé une grande partie des maisons du dit faubourg, que le faubourg de Barlet a aussi souffert beaucoup du dit débordement qu’une partie des murs de ville qui ferment le dit faubourg et le séparent de la rivière a croulé, que les arches du pont vulgairement appelé le pont des carmes, le seul qui communique à la ville, ne pouvant recevoir la grande quantité d’eau qui augmentait à chaque sursaut ont été considérablement endommagés et qu’il serait bon de le faire réparer pour prévenir la perte totale, tant du dit pont que du dit faubourg Saint-Joseph, qui parait inévitable au premier débordement. Ce qui serait d’autant plus fâcheux qu’il couperait le commerce des landes du languedoc de l’Espagne. L’autre pont de Carles (ou Carlée) qui communiquait aussi à la ville ayant été emporté il y a longtemps par le défaut d’entretien sans que la ville ait jamais pu obtenir de le faire rétablir. N’ayant de son coté aucuns revenus qui n’aient leurs affectations. Sur quoi a été unanimement délibéré que M. l’Intendant sera supplié de verser sur les habitants du dit faubourg St Joseph une partie du moins imposé que sa majesté a accordé pour les tailles ( = impôts) et de les alléger aussi soit de leur capitation soit du vingtième ( = impôt) et attendu le grand ravage qu’a fait ce débordement au dit faubourg St Joseph de la bouquerie et les dangers qu’il coure d’être submergé et emporté au premier débordement qui surviendra, le dit Seigneur Intendant sera supplié d’accorder la protection de son secours à la ville pour la conservation du dit faubourg St joseph. Et que le moyen d’y parvenir est de creuser un canal de vingt pieds de largeur au dessus du dit faubourg tout le long des murs de ville (= en quelque sorte un ouvrage de décharge) et de construire ce canal jusqu’au dessous du dit faubourg et du Boulou (ou du Roulon) du chapitre, ce qui ne serait pas d’une grande dépense à cause qu’on pourrait employer la corvée à cet ouvrage, si nécessaire pour mieux connaître l’importance de cet objet, pour la, conservation du dit faubourg. Sa Grandeur sera supplié de faire levée le plan par l’ingénieur de la province pour ensuite obtenir de sa majesté une imposition sur la province tant pour le dit canal que pour les réparations des dits ponts.

Valentin GHOLAMI - François GAZELLE