La pénurie d’eau : donnée naturelle ou question sociale ?
Brève publiée le 18 octobre 2006.
Vient de paraître : GEOCARREFOUR 80/4 La pénurie d’eau, temporaire ou structurelle, résulte d’une insuffisance quantitative et/ou qualitative de la ressource hydrique disponible par rapport à la demande. Son étude participe à la réflexion pour une meilleure répartition et préservation de l’eau, réflexion essentielle quand il s’agit de traiter du développement durable des sociétés. Les tensions inhérentes à la diversité des usages en font une question empreinte de complexité et de conflictualité. La connaissance à la fois des écosystèmes et de leur gestion, des conflits et des risques, et de l’évolution des arbitrages de plus en plus dépendants de régulations collectives, sous-tend l’action. La revue Géocarrefour consacre cette année deux numéros à ce thème considéré ainsi sous des angles variés, ceux de la recherche et de la gestion, abordés dans diverses zones géographiques : tempérée, méditerranéenne, aride... L’interdisciplinarité et la variété des échelles spatio-temporelles sont privilégiées. Dans ce premier numéro, les quatre premiers articles contribuent à l’enrichissement de la définition de la pénurie d’eau, qui est loin de constituer une évidence et encore moins de faire l’unanimité. Une première approche permet de la caractériser comme une infériorité structurelle ou conjoncturelle de l’offre par rapport aux demandes dans un système d’eau physico-économique défini. Celle-ci est ensuite affinée successivement par des réflexions sur les outils susceptibles de mesurer le phénomène et les concepts ou notions de ressource, d’eau virtuelle et de conflit. Les autres contributions s’attachent à partir de l’analyse de situations diverses - des zones rurales méditerranéennes, trois villes d’Afrique et un bassin versant international - à montrer que, quelle que soit la situation, favorable ou défavorable si l’on considère le volume des eaux mobilisables, la pénurie est bien présente. Cet état de pénurie est dû à de multiples causes qui sont au cas par cas explicitées (sous-investissement dans la production et l’adduction d’eau, profondes inégalités spatiales qui recouvrent des inégalités sociales, dysfonctionnements quant à la qualité des eaux distribuées, etc.). A la lecture de l’ensemble de ces articles et alors que vient de s’achever à Stockholm un séminaire organisé par l’ONU dans le cadre de la semaine mondiale de l’eau sur le thème “Faire face à la pénurie d’eau”, l’importance de la dimension politique dans le devenir de l’eau apparaît fortement, que ce soit aux échelles locales et nationales ou au niveau des bassins internationaux. Le second numéro de la revue consacré à ce thème permettra d’approfondir ce constat qui comporte sans doute les clés de la réponse à la question : “La pénurie d’eau, donnée naturelle ou question sociale ?” et des éléments aidant à relever les multiples défis posés à la société. Anne RIVIERE-HONEGGER, Jean-Paul BRAVARD TABLE DES MATIÈRES
Voir en ligne : Pour commander.
|